22 septembre 1960 - 22 septembre 2012 : le Mali a 52 ans


Rédigé le Vendredi 21 Septembre 2012 à 16:58 | Lu 433 commentaire(s)

O Mali d’aujourd’hui
O Mali de demain
Pour que tes champs refleurissent d’espérance
et les cœurs de tes enfants vibrent à nouveau de confiance !


22 septembre 1960 - 22 septembre 2012 : le Mali a 52 ans
Cinquante-deux courtes saisons de quêtes de soi, de construction d’une "identité nationale" à toute épreuve ( ?!), de rêves de grandeur panafricaine et tiers-mondiste !
 
Cinquante-deux longues années de luttes politico-économiques, entrecoupées d’intrigues au sommet, de coup-d’État et de coups-bas.
 
Cinquante-deux ans de leçons de dignité et d’éthique nationales, mais également d’errances institutionnelles et d’affaissement moral sans précédent.
 
Cinquante-deux pluies, nées des nuées prometteuses et violents orages, avec en prime une guerre confessionnelle fanatique et sectaire, spéculative et mafieuse, travestie en mouvement de revendication de liberté, saharo-portée et imposée au Mali et à ses populations, sur fonds de jouissances criminelles dans le nord, de calculs partisans dans le sud et de trafics stratégiques en tout genre tout autour de nos frontières.

 
« Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle,
S'il n'a l'âme et la lyre et les yeux de Néron,
Pendant que l'incendie en fleuve ardent circule
Des temples aux palais, du Cirque au Panthéon !


Honte à qui peut chanter pendant que chaque femme
Sur le front de ses fils voit la mort ondoyer,
Que chaque citoyen regarde si la flamme
Dévore déjà son foyer ! »[1]

 

22 septembre 2012 !

En ce jour de commémoration, l’honneur et la dignité des Maliennes et des Maliens, l’estime pour leurs luttes, le lustre de leur  Histoire ne sauraient tolérer que le FNC leur souhaite un anniversaire … joyeux sous occupation.

Alors, très courageux anniversaire, à toi, Mali d’aujourd’hui !
 

« O Mali d’aujourd’hui
O Mali de demain

Pour que tes champs refleurissent d’espérance
et les cœurs de tes enfants vibrent à nouveau de confiance !

 
À ton appel, Mali, lancé il y a cinquante ans,
pour ta prospérité, et pour celle de l’Afrique s’élevant,
fidèle à ton destin séculaire, s’entend ta devise suprême :

Un Peuple, un But, une Foi, pour une Afrique unie souveraine !

Ton appel, Mali, à nos oreilles et dans nos cœurs retentissant,
d’ouest à l’est et du sud au nord, nous accourons fiers et confiants.
À l’unisson, prêtons serment : si jamais l’ennemi découvre son front
Au dedans ou au dehors, nous resterons solidaires dans nos bastions.

 
Et, debout sur les remparts, résolus de mourir pour l’Afrique et pour toi Mali
porterons haut la liberté - notre drapeau, dans le combat pour l’unité finale. »[2]

 
22 septembre 2012 !

Gloire au courage, à la solidarité et à l’hospitalité légendaires du peuple laborieux, résistant et vaillant du Mali !
 

Aujourd’hui, notre pays est agressé dans sa souveraineté, restreint dans son intégrité territoriale, perturbé dans sa stabilité et profondément blessé par les souffrances de ses populations.
 

Le FNC reste  préoccupé au plus haut niveau par l’état de guerre civile latente dans notre pays, avec son cortège de calamités infligées à nos parents, frères, sœurs, enfants et amis restés au bercail.
 

Le FNC exprime le désarroi inégalé de tout le peuple pacifique du Mali confronté, depuis la mi-janvier 2012, à la trahison des uns et l’abandon des autres ; seul face aux violences et crimes de bandits armés et au silence coupable des organisations internationales dont c’était la vocation de l’aider à préserver sa souveraineté et à protéger ses populations.
 

Pourtant, la situation de continentalité de notre territoire rend cette crise gravement menaçante pour l’ensemble de nos voisins limitrophes, dits pays de la zone du champ, y compris ceux qui sont aux portes de l’Europe via la Méditerranée.
 

À Kidal, Gao, Tombouctou, Bourem et Ansongo, la "Charia" est appliquée et les populations de ces villes sont humiliées publiquement au quotidien, chicotées, mariées ou séparées de force, mutilées gravement, lapidées à mort, mises au "pas islamiste", en attendant que toute l’étendue du territoire national subisse le même sort, comme le programme Ansar Dine.
 

Le 6 avril 2012, au grand dam de ses acolytes djihadistes, le mouvement ethnico-identitaire irrédentiste (MNLA) proclama l’indépendance de l’Azawad (la zone géographique qu’il convoite, correspondant à 70 % de la République du Mali), au nom  des Touaregs (1 % de la population) qui, d’ailleurs, ne se reconnaissent pas dans ces « frères égarés » devenus criminels de grand chemin. 
 

Le MNLA a tué, vandalisé, trafiqué, mené grand train en s’incrustant dans les médias français (France 24, Arte, BFM TV, TV 5, France 5, Berbère TV) avec la bénédiction affichée des officiels les ayant reçus bien avant le début, en janvier, de leurs forfaits au Mali.
 

C’est dans ces conditions que près de 500 000 de nos compatriotes, majoritairement Touaregs et Arabes, sont déplacés avec leurs familles loin de chez eux, loin des leurs activités, pour se mettre à l’abri de ceux qui ont semé la mort et la haine au nom de leur groupe ethnique et confession religieuse.
 

À toutes les victimes et à leurs proches, aux centaines de milliers de déplacés et à leurs familles, aux frères et sœurs Touaregs et Arabes, Sonrhaïs et Peulhs, entre autres exilés, à toutes et tous, le FNC  témoigne de sa profonde compassion face à leurs afflictions.
 

Les associés les plus véhéments du MNLA (fanatiques islamistes d’Aqmi et d’Ansar Dine, puis du Mujao et de Boko-Haram) rêvaient (et rêvent encore), ensuite juraient (et jurent toujours) de transformer le Mali en un État islamique (régit exclusivement par la "Charia") – un sanctuaire de l’islamisme radical, poste avancé du mouvement djihadiste international.
Ce sont ces velléités qui leur ont rendu particulièrement insupportable la proclamation unilatérale d’indépendance d’une partie du territoire effectuée par le MNLA le 6 avril dernier.
 

Alors, les doctrinaires prétextent faire barrage aux prétentions, exactions et crimes du MNLA qui, bouté hors des espaces qu’il disait avoir conquis sur la République du Mali, s’est finalement réfugié au Burkina Faso pour le peu qui lui reste encore de combattus !
 

En deuxième phase de leurs abjects projets, les djihadistes détruisent les monuments du patrimoine national; installent confortablement l’obscurantisme, en se faisant plus protecteurs des personnes et gardiens suprêmes de la foi pratiquée en ces lieux depuis des siècles !
Pourtant, le groupuscule MNLA continue d’être perçu en occident et, semble-t-il, par la CEDEAO elle-même, comme une entité devant être soutenue et réorganisée pour participer à chasser du Mali les intégristes – ses alliés de cœur, d’intérêts  et de  circonstances.
 

Méditons, à ce propos, la réponse, le 19 dernier, à une question de France 24 (Vous êtes aussi en contact avec les forces qui contrôlent le Nord du Mali ?), du très partialement impartial-médiateur de la CEDEAO - Blaise Compaoré : « Nous partons d’un principe. Il y a des Maliens qui demandent l’indépendance. Il y a des Maliens qui veulent faire la charia dans tout le Mali. Comme un peu partout ailleurs, je veux dire qu’il y a des Corses qui demandent l’indépendance, mais on ne les attaque pas. Il y a des Québécois qui demandent l’indépendance, on ne les attaque pas non plus. On discute d’abord pour voir si on peut les intégrer dans la République ! »
 

La tonalité de cette réponse impartialement partiale autorise d’en tirer un enseignement fort aisé à travers la maxime populaire du Mali : « Le chercheur d’aiguille a sans doute posé son pied dessus ! »
 

Alors, à vos armes, compatriotes du Mali et d’Afrique, l’ennemi a découvert son front, au dedans et au dehors !
 
 
Finissons-en  avec les chevauchées diaboliques des hordes de sanguinaires et narcotrafiquants, les uns et les autres, s’étant, depuis le début de l’année, invités, intronisés et confortés au banquet, dont le nord de notre pays n’est que l’amuse-bouche, avant qu’ils ne passent au plat de résistance : la séquestration absolue et définitive de toutes les libertés sur nos terres africaines de quiétude, de fraternité, d’hospitalité, de partage solidaire, mais aussi de pouvoirs politiques dictatoriaux, aveugles, corrompus, népotiques, schizophrènes, partiaux et intéressés même en qualité de médiateurs !
 

«Écoutez, jeunes d’Afrique, l’hymne de l’empire du Wassoulou !, exhorte le Bembeya Jazz National [3] de Guinée.
Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appel aux hommes plus valeureux !
Si tu ne peux dire la vérité en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes de droit chemin !
Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes justes !
Si tu ne peux protéger le peuple et braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur !
Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots ! »
 

Pour notre part, nous gageons de nous impliquer à recoller tous les fragments de notre Histoire, depuis les bâtisseurs des empires jusqu’aux démolisseurs des mausolées dans les régions au nord.
 

« L’Afrique se lève enfin
Saluons ce jour nouveau
Saluons la liberté
Marchons vers l’Unité
Dignité retrouvée
Soutient notre combat
Fidèles à notre serment
De faire l’Afrique unie
Ensemble, debout mes frères
Tous au rendez-vous de l’honneur. »[4]

 

Très, très courageux anniversaire, à toi, Mali – notre passion, Un et Indivisible !



[1] Poème "A Némésis", in Recueil Odes politiques, Alphonse de Lamartine (1790-1869)
  
[2] Refrain et premier couplet modifiés de l’hymne national du Mali
 
[3] Orchestre Bembeya Jazz National de la République de Guinée, album : "Regard sur le Passé", 1970.
 
[4] Deuxième couplet de l’hymne national du Mali.