Mali : Perdre des guerres, gagner le Mali !

Parlons peu, mais parlons vrai !


Rédigé le Samedi 7 Juin 2014 à 16:51 | Lu 1169 commentaire(s)


Les Maliens d’aujourd’hui, n’ayant pas les moyens de leurs prétentions, devront savoir modestie gardée et ne pas suicider les enfants du peuple.

Le Mali, dans les frontières qui sont les siennes, est une création coloniale sans aucune valeur ajoutée !

Les Maliens d’Hier ont toutefois tout tenté, dès les premières heures de l’indépendance formelle, pour renouer avec les rêves ancestraux de grandeur territoriale et politique, raffermir la vocation de solidarité nationale et d’unité historique.

Tels ont été les espoirs, inspirés par le rayonnement des empires du Mali et de Gao, qui ont conduit aux tentatives de création d’État fédéral avec le Sénégal, puis avec la Guinée et le Ghana.

À cette époque les rêves nationaux étaient permis, les Hommes en savaient les vertus et s’en donnaient les moyens !

Gageons que la négociation sauvera la face et le Peuple !

Une enquête parlementaire s’impose pour l'occasion, dont l’initiative et la charge devraient être plaidées par l’"honorable" Président de la sensible « Commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile » près le parlement – Monsieur Karim KÉÏTA, fils du Président de la République et gendre du Président de l’Assemblée nationale.

De "grands bouleversements" sont déjà dans l’air, à la malienne !
Dans ce pays, les mots catastrophes et calamités s’écrivent désormais avec la lettre "K", comme à Konna et Kidal, comme avec Karim KÉÏTA – l’honorable fiston présidentiel et l’honoré gendre parlementaire.

Et, IBK garde un "silence agressif" doublement coupable, avec la complicité d’intellectuels en manque de discernement et la bénédiction de délinquants pompeusement religieux !



Le linge sale doit se laver à la place publique !



Après avoir étalé au grand jour, à la face du monde, leurs faiblesses et incuries, les dirigeants du Mali se doivent de mettre en avant les forces de leur Peuple et de les magnifier.

Les Maliens gagneraient largement à laver leur linge sale à la place publique proprement dégagée par les "facilitateurs" et autres partenaires circonstanciels.

Il est vital pour ce pays panafricain de grande Histoire de rester crédible, digne pour espérer se renouveler et rebondir !

Rien n’interdit, même à un peuple sous assistance artificielle de l’étranger, de chercher à préserver sa dignité, surtout quand celle-ci reste le seul levier encore à même d’être actionné après des années de résignation mythico-religieuse, d’abdication face à son destin et ses obligations !


Parlons peu, mais parlons vrai !

Selon une maxime d’un peuple averti, « nommer le feu, ne brûle guère les lèvres » et, quand bien même cela le ferait, il est des circonstances où, pour énoncer des vérités salvatrices, s’impose la nécessité d’accepter d’encourir le risque éventuel de "se brûler les lèvres" !

Ainsi, avec plus de quatre décennies de gabegies et mensonges au sommet de l’État, le Mali, amoindri dans sa "souveraineté territoriale", dispose d’encore moins d’espace pour nettoyer tout son linge crasseux entassé depuis plus de quarante ans (http://www.fncdumali.com/Mali-Chronique-d-un-desastre-annonce_a22.html)

Quarante années durant, les dirigeants du Mali, des généraux GMT et ATT aux savants AOK et IBK, ont appris aux Maliens à "désaimer fortement" leur pays, à privilégier cavalièrement les relations personnelles aux rapports professionnels, à gratifier l’affect au détriment du mérite et de la compétence.
Cette course à l’encensement du prince a conduit au népotisme éhonté et insolent, dont la palme revient à IBK suivi d’ATT, qui devance de peu AOK et GMT.

Comment s’étonner après que le pays soit affaissé ?

Pourquoi les enfants des autres – pauvres privés de tout et subissant tout, doivent-ils accepter d’aller se faire tuer, pour épargner les progénitures de leurs bourreaux – les dirigeants sans mérite ni scrupule ?

Quarante ans, c’est aussi le temps durant lequel Soundjata a détenu le pouvoir dans le Grand Manden qu’il a libéré de Soumaworo du Sosso.

Pourtant, « Soumaworo fit neuf expéditions au cours desquelles ses armées laissèrent les pleurs au Manden et emportèrent le rire au Sosso. »

Le libérateur du Manden - Soundjata, duquel se clament et s’identifient, à hue et à dia, des passéistes haut-perchés au Mali, a bel et bien réalisé des faits extraordinaires et nombreux, et non des incantations, pour le pays de ses pères !

« … dès son accession au trône, Soundjata a restitué aux Malinkés leur dignité en abolissant l’esclavage et l’injustice. [C’est en cela que] le pays tout entier, devenant maître de lui-même et disposant librement de son gain, reconnaît l’autorité de Soundjata … » [1]

Les Maliens d’aujourd’hui, n’ayant pas les moyens de leurs prétentions, devront savoir modestie gardée et ne pas suicider les enfants du peuple.

Rester digne dans ces conditions est incompatible avec toute fierté chatouilleuse et encore moins avec l’orgueil d’un égo surdimensionné !

« Le peuple, l’éternel prétexte et victime des ambitions démesurées engendrant des rivalités acerbes, toujours pris à témoin en dernier lieu pour justifier les événements alors qu’il a toujours été mis à l’écart, ce peuple muet et résigné… » [2] , maintenant ce peuple sait tout.

Oui, c’est à ce Peuple prétexte et victime, témoin manipulé, délégateur abusé, de se lever comme un seul Homme et d’exiger des comptes tout de suite et maintenant !

Que les clameurs s’estompent donc et que le soleil se lève enfin !

Tous ensemble et derrière un seul homme ? Non, jamais !

Le peuple ne saurait être réduit à un troupeau devant suivre un berger, si haut perché soit-il !

Plutôt chacun à sa place, à porter et assumer clairement et fermement sa part de prérogatives et de bavures, les bons comptes faisant des probes compatriotes !

Il est sain et de bon ton pour ce Peuple loyal de savoir qui a fait quoi, comment, quand et pourquoi. Qui fait encore quoi ?

Il faudra qu’on nous le dise clairement car, il est grand temps que ce linge malien si malpropre soit nettoyé à la place publique et en plein soleil !


Le Mali n’est qu’une création coloniale. Hélas !

N’en déplaise aux populistes enflammés, le Mali n’est pas « la terre que nous ont léguée nos ancêtres. » Loin s’en faut !

Le Mali, dans les frontières qui sont les siennes, est une création coloniale sans aucune valeur ajoutée !

Les Maliens d’Hier ont toutefois tout tenté, dès les premières heures de l’indépendance formelle, pour renouer avec les rêves ancestraux de grandeur territoriale et politique, raffermir la vocation de solidarité nationale et d’unité historique.

Tels ont été les espoirs, inspirés par le rayonnement des empires du Mali et de Gao, qui ont conduit aux tentatives de création d’État fédéral avec le Sénégal, puis avec la Guinée et le Ghana.

« Jugez-moi
Au bruit de mes pas,
Moi l’oiseau du grand bosquet ;
On ne se méprend pas sur la puissance des pas de celui qui a tant d’hommes avec lui,
Ô oiseau du grand bosquet ! » [3]


De même, le choix du régime politique de la 1ère République s’explique par l’ambition de bâtir un pays prospère, juste et conscient politiquement.

À cette époque les rêves nationaux étaient permis, les Hommes en savaient les vertus et s’en donnaient les moyens !

Dans le "Mali d’Aujourd’hui", l’irresponsabilité au "très haut" sommet de l’État complètement affaissé a infecté les Maliens d’un syndrome sévère.

Cette infection virale - "la nostalgite aigüe", se caractérise par la fâcheuse tendance a regretté le dernier président sorti, tant sont impressionnantes les déceptions et angoisses générées par les frasques et errances du prince du jour.

C’est ainsi que ATT (Amadou Toumani TOURÉ) est "regretté" et presque "réhabilité militairement" face à IBK (Ibrahima Boubacar KÉÏTA); ce fut comme cela que AOK (Alpha Oumar KONARÉ) était presque "innocenté moralement " sous ATT; tel était le cas pour GMT (général Moussa TRAORÉ) qui a été "innocenté patriotiquement" aux temps de AOK.
Le Président Modibo KÉÏTA ne rentre pas dans ce tableau de compétition à l’ostentatoire et au populisme rabaissant.

Et, devant tant d’incurie généralisée des intellectuels ambulants, profiteurs encartés et partisans des diverses officines politiciennes, l’errance et "la nostalgite aigüe" ont de beaux jours devant elles au Mali !

Cependant, de "grands bouleversements" sont déjà dans l’air, à la malienne !

Dans ce pays, désormais, les mots catastrophes et calamités s’écrivent avec la lettre "K", comme à Konna et Kidal, comme avec Karim KÉÏTA – l’honorable fiston présidentiel et l’honoré gendre parlementaire.

Sauf sursaut CITOYEN conscient, structuré, impartial et global, le Mali ne sortira pas de l’impasse dans laquelle ses dirigeants l’ont muré !

Se lever, pour mériter la terre qui est aujourd’hui l’héritage collectif est nécessaire et possible !

Cette terre n’étant pas « celle que nous ont léguée nos ancêtres », comme on se plaît à le dire dans les moments de fièvre émotionnelle surfaite, demeure notre héritage colonial, le seul véritable, à prendre ou à laisser, que d’autres convoitent depuis toujours !

Samir Amin avait tout analysé et bien dit (http://www.fncdumali.com/Mali-Analyse-de-Samir-AMIN-_a51.html) : des causes de la déliquescence aux possibilités de reconstruction du Mali, en passant par les guerres à mener et à gagner !

On a beau savoir distinguer l’original de l’imitation, préférer Soundjata KÉÏTA à Ibrahim B. KÉÏTA, il reste aux Maliens du 21ème siècle de se donner irrémédiablement les droits et devoirs de reconstruire ensemble leur pays ou de l’abandonner à ceux qui veulent le transformer !


Gagner la négociation pour sauver la face et le Peuple !

Face à la vacuité des irresponsables politiciens du Mali, est parti de rien un insignifiant groupuscule de quelques félons, apatrides et autres criminels.

Cette bande réussit à créer une illusion, inventer un phantasme, ériger un mirage, qui a fini par devenir une "violente matérialité irrécupérable", un monstre terrifiant.

Le MNLA et sa proclamation de pays chimérique du 6 avril 2012 ont, par défaut, vaincu les Maliens et leurs réalités historico-politiques !

Née du néant, la bête qui dévore le Mali à belles dents, ce monstre-là est désormais une évidence qu’il faudra prendre pour telle si le pays désire se conjuguer au futur.
Ce sigle de quatre lettres, encore et toujours par défaut, vaincra le Mali, puisque rien ni personne ne lui opposent une résistance raisonnée depuis le début !

Rien !
Aucune institution nationale ni représentativité publique, sauf faux-fuyant, manipulations au sommet de l’État, mensonges publics et, pour finir, l’abandon du Peuple entre son passé et ses angoisses pour son lendemain !

Azawad – une vue de l’esprit qui ne signifiait pas grand-chose à l’origine, sauf une zone de pâturage de troupeaux, va durablement masquer la vue des Maliens et détourner leur esprit de la sérénité.

Et les armes reparleront. Elles ont parlé ; elles grondent encore : le bilan est sans conteste !

De Konna à Kidal, le Mali a perdu les guerres et des milliers de ses enfants !

De Bamako à Gao, il lui faut inévitablement gagner les négociations, pour prétendre à la paix effective et la justice sans compromissions !

Aujourd’hui le dialogue s’impose, pour que les raisons s’affrontent : l’espoir sera ainsi permis !

La République du Mali et ses populations laborieuses auront-elles la force et l’esprit de se vivre et se projeter ?

Elles le doivent, en tous les cas !

Étant un Peuple d’oralités, de paroles et d’Honneur, de dialogues et d’arrangements féconds : « Les conflits ont souvent détruit le Manden, la parole l’a autant construit et reconstruit ! »

Il n’y a pas de raison que cela ne puisse s’appliquer au "Mali de Demain" !


Une enquête parlementaire s’impose !

Avant le dialogue, il incombe aux Maliens de lever tout équivoque, écarter toute cause et tout acteur ayant conduit à l’impasse !

Examinons, pour savoir la vérité et, ainsi, échapper au cycle infernal du mauvais recommencement. Et pour cause !

Une fois de plus, une fois de trop, les larmes des veuves et orphelins, se mélangeant au sang des morts, inondent des sols arides dans lesquels sont figés des fanions criminels et armes rebelles ! Enquêtons !

Ô ! Membres du parlement malien – députés de l’Assemblée nationale - orgueilleux de s’affubler du ronflant et extravagant titre d’"honorables", comme pour dissimuler un vice de fond.

Osez !
Osez, vous disjoindre de l’imposture et relever le défi de l’honneur !

 "Honorables", sans doute le serez-vous, en faisant un point d’honneur de la nécessité d’éclaircissement de ce qui s’est passé à Kidal ce mois de mai 2014, et en en tirant toutes les conséquences.

Osons une enquête parlementaire et examinons !
L’initiative et la charge de ladite enquête parlementaire devraient être plaidées par l’"honorable" Président de la sensible « Commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile » près le parlement – Monsieur Karim KÉÏTA, fils du Président de la République et gendre du Président de l’Assemblée nationale.

Plutôt que d’une honorabilité factice à arborer en écharpe, il s’agit clairement d’un réel défi devant la Nation entière, l’opinion internationale et les partenaires techniques et financiers (PTF) du pays !

Les Maliens et leurs politiciens de circonstance, après avoir voilé leur face devant des réalités si criardes, en sont aujourd’hui à crier des questions qu’ils ont toujours murmurées :
« Quelles relations de causes et effets y a-t-il entre le gouvernement familial d’IBK, l’assemblée semi-familiale, la commission de défense filiale près de l’assemblée nationale, l’impréparation des opérations dans la région de Kidal ?
Ces relations viseraient-elles à couvrir les arrières dans les situations des ratées et, chemin faisant, à s’approprier des "butins de guerre" qui n’ont pas véritablement lieu en raison de ces ratées ? »


"Honorable" Monsieur le Président de la « Commission de la défense nationale, de la sécurité et de la protection civile », auriez-vous le courage et la hauteur d’initier cette enquête parlementaire libératoire relativement à la débâcle nationale de mai dans la région administrative de Kidal ?


Honorabilité et imposture !

Le Mali n’a malheureusement jamais réussi à exterminer les conditions objectives et les germes qui ont précipité son assujettissement colonial en fin du 19ème siècle, à savoir : la rapacité maladive des "hommes de savoir" et la cécité absolue des "hommes de pouvoir" !


Son Excellence Monsieur le Président de la République, répondait aux griefs qui lui sont faits pour sa gestion familiale du Mali en ces termes :
« J’ai donc accepté dans l’intérêt du Mali. […] C’est le chérif [un religieux] de Nioro qui m’a convaincu, au nom de la démocratie, de […] laisser [mon fils Karim] se présenter. […] J’avais un autre candidat, un officier général de la police. On m’a rétorqué que l’armée n’aurait pas supporté qu’un policier accède à ce poste et que son candidat à elle, c’était Karim. […] Même topo en ce qui concerne le président de l’Assemblée nationale, Issaka SIDIBÉ, le beau-père de Karim. Je ne souhaitais pas qu’il occupe ce poste et j’avais là aussi un autre candidat… » [4]

Sacrée armée malienne, quelle injure à ton endroit !
Tantôt vilipendée comme dilettante, tantôt soupçonnée d’intelligence avec les pouvoirs népotiques et, à ce titre, culpabilisée pour les incuries politiciennes et revers aux fronts !

Ainsi donc, le Président des Maliens ne déciderait rien au Mali, ni à Bamako ni à Kidal, ni dans l’Assemblée nationale et encore moins avec son fils et ses neveux dans l’exécutif.

Le népotisme au sommet de l’État s’adoube tranquillement et définitivement de négligences manifestes quant aux responsabilités et exigences nationales de l’heure !

Les politiciens et intellos à leur solde à Bamako ne sauraient une fois de plus plaider l’ignorance des faits, puisqu’ils en jouissent copieusement !

On est pleinement en droit de se questionner à nouveau :
Que sont donc devenus les descendants des preux et loyaux patronymes du Manden ?
Les héritiers des grands bâtisseurs ne seraient-ils devenus que des hurleurs et flatteurs disposés à brader terre et conscience pour satisfaire leurs immodesties ?

« Ô ! Toi, ma personne de confiance
Toi, qui tiens parole et fais référence
Viens révéler la vertu et guider l’honneur
Là, où je ne sais gain tirer de mon labeur.

Untel arbore si insolemment le beau boubou
Cachant sa laideur ; il ne tiendra pas le coup
Puisqu’il n’est homme de sens et conscience.
Son bonnet d’or cousu lui donne une prestance
La belle coupe de son pantalon fait diversion
Mais, il n’aura point la confiance de la Nation.

Viens, valeureux homme d’actions et de sciences
Couvrir de poussière la nuque de l’indolence.
Tu ne seras pas prince par sceptre et couronne
Bienheureux que des faits éclatants nomment ! » [5]



En la circonstance, IBK à travers son "silence agressif" est doublement coupable de s’élever (en avion ou non) sur les misères d’un Peuple auquel il n’adresse à ce jour qu’indifférence et suffisance, avec la complicité d’intellectuels en manque de discernement et la bénédiction de délinquants pompeusement religieux !


[1] - Youssouf Tata CISSE et Wâ KAMISSOKO : Soundjata la gloire du Mali - La grande geste du Mali, pp 183

[2] - Colonel Assimi S. DEMBELE : Transferts définitifs, pp 110

[3] - Youssouf Tata CISSE et Wâ KAMISSOKO : Soundjata la gloire du Mali - La grande geste du Mali, pp 13

[4] - Jeune Afrique N° 2783 du 11 au 17 mai 2014, pp 27 et 28

[5] - Hymne populaire malien à la Vertu